Историческая лексикология французского языка

КРАТКИЙ КУРС ЛЕКЦИЙ ПО ЛЕКСИКОЛОГИИ ФРАНЦУЗСКОГО ЯЗЫКА

О.Б. Полянчук

Учебное пособие для вузов

Воронежского государственного университета

Утверждено научно-методическим советом факультета РГФ 16 октября 2012 г., протокол № 8

Научный редактор доцент Л.Г. Кузьмина

Рецензент профессор кафедры романской филологии В.В. Корнева

Учебное пособие разработано на кафедре французской филологии факультета романо-германской филологии Воронежского государственного университета

Рекомендовано для студентов 2-3 курсов для лекционных и практических занятий по лексикологии французского языка факультета РГФ

Для специальностей: 031201 − Теория и методика преподавания иностранных языков и культур;

031202 − Перевод и переводоведение

Учебное пособие «Краткий курс лекций по лексикологии французского языка» составлен на кафедре французской филологии ВГУ. Оно предназначено для студентов языковых вузов и факультетов. Целью настоящего пособия является оптимизация познавательной деятельности студентов и формирование у них таких компетенций, как владение наследием отечественной и зарубежной научной мысли, владение системой лингвистических знаний, в частности, знание лексических закономерностей функционирования французского языка. В задачи пособия входит также развитие у студентов умений обработки лексикографической информации, овладение ими методов когнитивного моделирования. Пособие «Краткий курс лекций по лексикологии французского языка» раскрывает системный характер французской лексики, источники ее обогащения и развития. В пособии раскрывается взаимосвязь динамики и статики лексической системы языка.

Пособие написано на французском языке.

Учебное пособие включает основные разделы курса лексикологии французского языка (10 тем). Содержание тем раскрыто в сжатой, доступной ля студентов форме: Учебный материал разделен на подпункты, четко обозначающие ключевые моменты проблематики. Основные термины курса лексикологии выделены полужирным шрифтом, что облегчает запоминание терминологического минимума. Все теоретические положения подкрепляются современным языковым материалом. Каждая тема сопровождается практическими заданиями, что предполагает контроль практического применения полученных теоретических знаний.

Пособие может быть использовано на лекционных и практических занятиях по лексикологии французского языка.

Оно составлено с учетом программ, подготовленных на кафедре французской филологи ВГУ и утвержденных научно-методическим советом факультета РГФ (Воронеж, 2012).

Thème №1. Objet d’étude de la lexicologie. La lexicologie comme science.

Problèmes à étudier:

1. Histoire de la lexicologie.

2. Etude systémique du vocabulaire.

3. Liens de la lexicologie avec d’autres sciences.

4. Aspects de la lexicologie. Sources du vocabulaire français.

1. Chaque langue a sa structure. La théorie de la langue examine la langue sous ses trois aspects (grammatical, phonétique et lexical). Les philosophes grecs travaillaient dans ce domaine, mais ils n’étudiaient que la grammaire. On a commencé à étudier la lexicologie au commencement du 19-ème siècle.

La lexicologie est une science étudiant le vocabulaire. Ainsi, le vocabulaire de la langue représente une série ouverte, tandis ce qui les éléments de la phonétique et de la grammaire représentent une série fermée. Cela s’explique par ce que la phonologie et la grammaire ont affaire à un nombre bien limité d’objets d’étude, tandis que la lexicologie étudie le lexique qui contient une grande quantité d’unités et qui sont soumises à des changements et au renouvellement à chaque étape du développement de la langue.

La lexicologie comme science visant le vocabulaire de la langue a apparu au 18-ème siècle dans les travaux des encyclopédistes Dalambert et Diderot. Ils considèrent les significations lexicales du mot, les problèmes de la formation des mots et de l’étymologie. Au 19-ème siècle A. Darmesteter décrit commemt apparaissent et disparaissent les mots. Mais il était influencé par la conception biologique de Schleiher. La linguistique est considérée comme science naturelle. M. Bréal s’est prononcé contre cette conception. Mais dans ses œuvres le vocabulaire a été considéré comme un simple catalogue, sans notion du système.

Le problème de la systématisation a été soulevé par F. de Saussure, représentant de l’école sociologique qui considère la langue comme phénomène social. Son élève A. Meillet a continué sa recherche. Une grande contribution à l’étude de la lexicologie a été faite par F. Brunot, A. Dauzat, M. Cohen, J. Marouzeau, Ch. Bally qui ont étudié le lien entre différents aspects de la structure de la langue, les problèmes de la synonymie, de la phraséologie. Egalement une grande contribution aux problèmes de la lexicologie a été faite par A. Martinet, P. Guiraud, O. Duchachek qui ont élaboré la théorie des champs sémantiques.

La structure de la sémantique, les méthodes d’étude du vocabulaire et surtout de la signification sont étudiés par A. Greimas, G. Mounin et d’autres. Dans notre pays la lexicologie est étudiée par V.V. Vinogradov, A.J. Smirnitzkij, R.A. Boudagov, M.D. Stépanova, V.G. Gak, A.G. Nazarijan, E.S. Koubrijakova, N.M. Chanskij, N.N. Lopatnikova et beaucoup d’autres savants qui ont élaboré la théorie de la lexicaulogie, aussi bien que les nouvelles méthodes d’étude du lexique.

2. La lexicologie étudie le vocabulaire de la langue, les mots et leurs équivalents qui forment le système lexical.

De ce point de vue l’étude de la lexicologie peut être considérée sous deux aspects:

1. La lexicologie descriptive ou synchronique qui étudie le lexique à un moment donné.

2. La lexicologie historique ou diachronique, l’étude de l’évolution du système lexical.

Nous procédons à l’étude synchronique, mais elle est basée sur l’étude diachronique. Il faut les combiner, mais pas confondre. Par exemple, pour comprendre la différence entre les homonyms louer (1) et louer (2), il faut s’adresser à la diachronie et apprendre que louer (1) provient du mot latin laudare “хвалить” et louer (2) remonte au mot latin locare “снимать, брать напрокат”.

L’approche systémique aux phénomènes de la langue a été proposée par le savant suisse F. de Saussure dans son “Cours de linguistique générale” [Saussure 1978: 26] a déterminé la langue comme “un système où tout se tient”, c’est-à-dire un système dont tous les éléments s’interdépendent et sont soumis aux lois générales. Mais d’abord plusieurs linguistes même en utilisant l’approche systémique à la langue se bornaient à étudier le côté matériel de la langue: la grammaire et la phonétique.

De nos jours le vocabulaire est considéré comme un système qui représente un complexe de régularités formant des oppositions: mots motivés − non motivés, mots polysémiques – mots monosémiques, mots synonymiques – mots non synonymiques. À l’intérieur de ce système il y a des sous-systèmes. Il faut tenir compte des relations qui existent à l’intérieur du système et celles qui existent entre les unités de ce système et les unités des autres niveaux (morphologique, syntaxique) [Щерба 2004]. Les relations dans le cadre du niveau lexical sont subdivisées en relations paradigmatiques et relations syntagmatiques. Selon la définition de O.S. Akhmanova, les relations paradigmatiques englobent les relations entre les unités des systèmes qui sont réunies dans notre mémoire et liés par les relations d’opposition [Ахманова 2004]. Par exemple, les relations entre les members des séries antonymiques: jour – nuit, petit – grand; entre les members des champs sémantiques (notion de parenté: père, mere etc.), les verbes du movement (aller, marcher).

Leur contenu est déterminé non seulement par leur lien avec la réalité, mais aussi par les relations entre eux. Les relations paradigmatiques s’établissent entre deux unités qui peuvent figurer dans un même contexte, mais qui s’excluent dans ce contexte (les mots polysémiques, par exemple, prendre une tasse de café et prendre une douche).

Les relations syntagmatiques se réalisent dans l’énoncé, c’est-à-dire les significations des mots diffèrent conformément à leur position par rapport aux autres mots. Par exemple, l’adjectif pauvre change de sens selon sa place par rapport au nom: pauvre homme “несчастный человек et homme pauvre “бедный человек”.

Il faut tenir compte du développement de la langue et de son caractère dialectique. La lexicologie c’est une science qui étudie le vocabulaire en tant que système se trouvant en développement. Le système du lexique est très mobile, il se trouve dans un état du développement dialectique. Des éléments du système tombent en désuétude, d’autres apparaissent. Par exemple, le verbe résoudre est remplacé par le verbe solutionner.

F. de Saussure pose aussi le problème du signe linguistique qui représente l’unité du signifiant et du signifié. Le signifié – c’est le côté idéal du signe linguistique, le signifiant – c’est son côté matériel. Le signifiant est étudié par la phonétique et la grammaire, tandis ce que le signifié est étudié par la lexicologie. Comme il existe un lien inséparable entre le signifiant et le signifié, il existe aussi un lien étroit entre la lexicologie, la grammaire et la phonétique.

3. La lexicologie est liée avec plusieurs sciences.

Lien avec la grammaire.

Toutes les deux étudient le mot. Tous les mots du vocabulaire se repartissent en classes lexico-grammaticales: par exemple, au singulier le mot la bonté signifie доброта, au pluriel les bontés signifie лакомства. Nous voyons que le changement de la catégorie lexico-grammaticale est accompagné du changement du sens lexical.

Un mot peut perdre ses valeurs lexicales et devenir un moyen purement grammatical. Se mettre (valeur lexicale) – se mettre à (valeur grammaticale). Le mot latin homo a donné homme et on a perdu la valeur lexicale et il est devenu un élément de grammaire (pronom indéfini).Cela prouve le lien qu’ il existe entre la grammaire et la lexicologie.

Lien avec la syntaxe.

La lexicologie se rattache à la syntaxe. Toutes les deux s’intéressent au problème des groupements phraséologiques stables et passagers (libres). Tourner la tête (à) qqn “вскружить голову” (groupement phraséologique stable) – tourner la tête “обернуться” −(groupements phraséologiques libre).

Lien avec l’histoire de la société.

La lexicologie est aussi liée à l’histoire de la societé parce que le vocabulaire reflète toutes les transformations sociales. Le linguiste français Matoret prétend que la lexicologie est une science sociologique. Par exemple, avec l’invasion du territoire de la France par les tribus germaniques plusieurs mots nouveaux ont apparu dans la langue, bien que la langue romane se soit conservée (par exemple, guerre). C’étaient surtout des mots, liés à la guerre, parce que ces tribus étaient belliqueuses.

Lien avec la phonétique.

Il y a plusieurs problèmes qui présentent l’intérêt pour les deux sciences. Le problème de l’accent, par exemple. En dehors du contexte tous les mots sont accentués (la dernière syllable), mais dans le contexte cet accent affaiblit en se remplaçant par celui du syntagme, du groupe rythmique. Le problème de la longueur du mot est aussi illustratif. Les mots plus courts (mono- et bisyllabes) sont plus anciens et plus polysémiques que les mots polysyllabes.

La lexicologie est liée avec l’histoire de la langue. Pour comprendre la signification du mot, l’évolution du sens du mot, il faut voir son origine, suivre son développement au cours de son histoire. C’est le principe historique. On doit tenir compte de la diachronie. Par exemple, dérouler signifiait d’abord déveloper un rouleau de papier, à present ce sens a changé: exposer en details. Le sens dérivé s’explique par le sens propre.

Lien avec la stylistique.

La lexicologie est liée avec la stylistique. Toutes les deux ont affaire aux styles différents: style professionnel, style des affaires, style parlé, officiel ou scientifique. Par exemple, dans les séries synonymiques on peut trouver les synonymes appartenants aux styles fonctionnels différents: soldat – soudard, chien – toutou, travail – besogne, manger – bouffer.

D’autre part, la lexicologie étudie le vocabulaire du point de vue des moyens de l’enrichissement qui existent dans la langue (pied d’une montagne – une métaphore linguistique), tandis que la stylistique étudie les moyens d’expression: la métaphore de l’auteur qui est originale (stylistique). Donc, toute les deux s’intéressent à la métaphore.

4. La lexicologie étudie les problèmes suivants: théorie du mot, sources de l’enrichissement du vocabulaire, motivation, polysémie, antonymie, formation des mots, phraséologie, emprunts, méthodes d’études du lexique et d’autres.

Les mots du vocabulaire se subdivisent en trois groupes d’après leur source:

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1. Les mots d’origine latine (testa – tête), celtique (chêne, bouleau), germanique (guerre, garder, marcher, danser).

2. Les mots d’origine française (refaire, alunir, métissage).

3. Les emprunts (valse, tramway, colonne).

La tâche de la lexicilogie est d’étudier le vocabulaire avec ses lois, ses liens, son développement et ses régularités.

Devoirs d’autocontrôle.

1. Classer les principes de l’étude systémique du vocabulaire.

2. Quelles sont les sciences liées à la lexicologie? Trouvez des exemples pour illustrer ces liens.

3. Expliquez la différence entre la métaphore linguistique et la métaphore stylistique.

4. Enumérez les objectifs et les aspects de la lexicologie.

Thème №2. Théorie du mot. Théorie de la nomination. La motivation.

Problèmes à étudier:

1. Le problème de la définition du mot et des limites du mot.

2. Rapports entre le dénoté, la notion et le côté acoustique d’un mot.

3. Théorie de la nomination. La motivation. Doublets étymologiques.

1.La définition du mot représente beaucoup de difficultés, ce qui s’explique par le suivant:

1) Il est difficile de tracer les limites entre le mot et le morphème;

2) La possibilité de caractériser le mot sous différents aspects;

3) Les particularités des mots dans les langues différentes;

Dans la linguistique d’aujourd’hui on voit se manifester trois courants dans la définition du mot:

1) On considère le mot plutôt du point de vue philosophique, psychologique;

2) On s’appuie sur un des aspects (morphologique, phonétique, fonctionnel);

3) On s’appuie sur la définition du mot, valable pour une langue concrète.

Pour définir le mot il faut tenir compte de ses rapports avec la notion, des particularités grammaticales, phonétiques et sémantiques du mot. Certains linguistes estiment qu’on ne peut pas donner une définition, car dans chaque langue les mots ont leurs particularités (Scherba, Péterson). Il y a des linguistes qui ne tiennent compte que d’un seul côté du mot. Par exemple, Bühler n’envisage que le côté phonétique du mot, Fortounatov – la signification lexicale, Sépir − le côté grammatical. Les définitions des linguistes français Meillet et Dauzat peuvent s’appliquer au mot et au groupe de mots et même à la proposition. Il existe un grand nombre de définitions, mais pas une n’est généralement admise. Si l’on analyse toutes les définitions du mot, on peut arriver à la conclusion que tous les savants tombent d’accord que le mot – c’est l’unité de la forme phonique et du sens. Cette unité est reconnue par une communauté linguistique. Le mot c’est l’unité minimale de la langue, ayant chacune sa forme grammaticale approprieé [Левковская 1963, Будагов 2000, Marouzeau 1950].

Le mot remplit plusieurs fonctions dans la langue:

1. La fonction nominative. Elle consiste à nommer les objects de la réalité.

2. La fonction rationnelle qui consiste en ce que le mot se rapporte à la notion.

3. La fonction expressive, fonction d’exprimer l’attitude du sujet parlant envers ce qu’il dit. Par exemple, le mot collaborationniste remplit trois fonctions à la fois. La fonction expressive sert à transmettre des nuances péjoratives. Il y a des mots qui exécutent la fonction nominative et expressive: Anne – Nana, Nanette. La seule fonction expressive est remplie par les interjections.

Un des problèmes difficiles de la théorie du mot c’est le problème des limites du mot. D’une part, il faut le délimiter du morphème, d’autre part – du groupement de mots.

Critères, permettant de délimiter le mot.

b) On peut intercaler un autre mot entre les mots. Par exemple, Je vous donne ce livre. Je vous le donne.

c) Contrairement au morphème, le mot est remplacé par un autre mot. Par exemple, Paul dessine. Il dessine.

d) Le mot est une unité significative, tandis que le morphème n’a pas de sens à lui.

e) Le morphème n’a pas de fonction syntaxique.

Mot et groupement de mots.

Le mot est caractérisé par une intégrité sémantique et formelle. L’intégrité sémantique est aussi propre aux groupes de mots. Par exemple, boîte aux letters. L’intégrité formelle revêt un caractère spécial pour chaque langue: critères phonétiques, graphiques, morphologiques et syntaxiques. Par exemple, machine – outil, presse – papier. L’absence de l’intégrité formelle est caractéristique pour les groupement de mots. Par exemple, une machine à laver – des machines à laver.

2.Pour traiter cette question il faut savoir que le point de départ c’est la réalité objective, parce qu’il existe un lien indissoluble entre la pensée humaine et la langue. Pas de concept sans mots, la pensée se réalise dans la matière sonore. Le triangle sémantique illustre le mieux les rapports qui existent entre la notion, l’objet (le dénoté) et la forme acoustique du mot.

objet [dénoté] a forme acoustique du mot

Considérons les trois aspects de rapports illustrés par le triangle.

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Источник

Периоды в развитии французской лексикографии

В развитии лексикографии французского языка различают три периода:

– дословарный период (VIII–XI вв.);

– ранний словарный период (XV–XVIII вв.);

– научный этап в развитии французской лексикографии (начиная сXIX в.).

Дословарный период характеризуется составлением глоссариев, объясняющих малопонятные слова, как правило, из библейских текстов. К ним относятся Рейхенауские глоссы (VIII век), содержащие 1300 латинских слов, Кассельские глоссы с 265 старофранцузскими словами. Дословарный период завершается формированием национального французского языка.

Ранний словарный период (донаучный этап) характеризуется появлением лексикографических работ практического значения. Это Dictionarium latino-gallicum Роберта Этьена (1539 г.), французско-латинский словарь Ж. Нико (1606 г.), содержащий значения слов, орфографию и этимологию. В 1611 году в Англии выходит англо-французский словарь Котгрейва.

Первый толковый словарь был составлен Пьером Ришле (1680 г.), куда были включены слова bon usage. Первый академический словарь вышел в 1694 году, где слова группируются не по алфавиту, а по этимологическим гнездам. Во всех последующих изданиях словаря (1718, 1740, 1798 гг.) слова располагаются в алфавитном порядке, но пуристическая традиция продолжается (архаизмы, неологизмы, технические термины, простонародные слова не включены).

В этот же период издаются некоторые специальные словари (по математике, по торговле).

Научный этап (начиная с XIX в.) связан с оформлением языкознания в самостоятельную науку. Наиболее значимыми лексикографическими трудами XIX века считают словарь Пьера Ларуса “Nouveau dictionnaire de la langue française ” (1856 г.), а также его энциклопедический словарь в 17 томах (1866–1876 гг.). В этот же период появляются словари диалектов Франции, а также словарь синонимов Б. Лафэ.

Типы одноязычных словарей

Различают следующие типы словарей:

· одноязычные словари (толковые, энциклопедические, терминологические);

· двуязычные и многоязычные (переводные).

А. Толковые словари (dictionnaire de langue) представлены прежде всего четырехтомным словарем Э. Литтре “Словарь французского языка” (1873г.) и “Общим словарем французского языка” А. Ацфельда, А. Дармстетера и А. Тома (1900 г.).

Словарь Литтре – один из наиболее полных по объему материала, включает неологизмы, технические термины, просторечия и диалектные слова. Все лексические единицы снабжены объяснениями, а также сведениями по этимологии и произношению.

Словарь Ацфельда отличается от словаря Литтре более строгой классификацией значений слов. Вместе с тем, словарь Ацфельда несколько архаичен.

Словари серии “Робер” “ Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française ” (1951–1972 гг.) и “Petit Robert ” (1967 г.) являются более полным отражением лексики XX века. Они включают не только слова литературно-письменного языка, но и научно-технические термины, неологизмы, заимствования и диалектизмы. Четко разработанная система помет указывает стилистическую окраску слова, сферу употребления. В словарях серии Робер даны парадигматические и синтагматические характеристики слов (синонимия, антонимия, омонимия, сочетаемость), его транскрипция и этимология.

В 2001 году издан новый шеститомник “Большого Робера”, переработанный и обновленный, включающий неологизмы последних лет.

Тезаурус французского языка – уникальный по замыслу лексикографический труд. Его задача – создание полного словаря от старофранцузского периода до 1960 года. Словарь составляется с учетом достижений современной лексикографии.

Наибольшей популярностью пользуется словарь “ Nouveau Petit Larousse ”, неоднократно переиздававшийся. Он состоит из 2-х частей: первая – собственно словарная, вторая – энциклопедическая. “Малый Ларус” включает около 70 000 словарных статей, отражающих современное словоупотребление. Кроме общеупотребительной лексики, “Малый Ларус” включает научно-технические термины, заимствования, просторечия.

В. Специальные словари.Во второй половине XX века во Франции издается многочисленные специальные словари по разным отраслям, так называемые Dictionnaires aide-mémoire, êоторые можно разделить на 3 группы:

389. Словари-энциклопедии по истории, культуре, религии, включающие биографические данные ученых и деятелей культуры. Например, словарь “ Quid ”.

390. Словари-справочники по лингвистике: “ Dictionnaire de la prononciation française dans sa norme actuelle ” â 2-х томах, а также многочисленные словари по орфографии, лексическим и грамматическим трудностям. К этой же группе можно отнести аналогические словари, такие как словари синонимов: Bailly (1947), Bénac (1956), Genouvrier (1977), а также академический словарь Dictionnaire des synonymes (2000 г.), словари антонимов, омонимов, фразеологические и прочие словари лингвистического характера.

391. Словари-справочники, объясняющие терминологическую лексику из разных областей науки и техники: словари по экономике, медицине, информатике и пр.

Двуязычные словари

Разобрать самостоятельно, сделать конспект. См.: З.Н. Левит. Лексикология французского языка. М., 1979. – С. 48.

ЛИТЕРАТУРА

2. Левит З.Н. Лексикология французского языка. М., 1973. – С. 34–49.

ВОПРОСЫ, ЗАДАНИЯ, УПРАЖНЕНИЯ

392. Дайте определение лексикографии, укажите принципы, на которых она базируется.

393. Охарактеризуйте структуру словаря.

394. Назовите два подхода при решении проблемы омонимии – полисемии при составлении словарей.

395. Охарактеризуйте основные этапы в развитии французской лексикографии.

396. Охарактеризуйте словари серии Робер.

397. Охарактеризуйте словари серии Ларус.

398. Проанализируйте сходства и различия толковых и энциклопедических словарей.

399. Перечислите основные характеристики двуязычных словарей.

400. Проанализируйте нижеследующие дефиниции слова joie (f), выберите наиболее удачную и обоснуйте ваш выбор:

§ Emotion agréable et profonde, sentiment exaltant ressenti par toute la conscience (Petit Robert).

§ Vive impression de plaisir que la possession d’un bien réel ou imaginaire fait éprouver (Petit Larousse).

§ Sentiment de grande satisfaction, de vif plaisir, que la possession d’un bien réel ou imaginaire fait éprouver (Dictionnaire du français contemporain).

401. Определите слово по дефинициям:

§ Action d’exiger de qqn de l’argent ou quelque avantage sous la menace de la révélation d’un scandale.

§ Terreur extrême et soudaine, généralement irraisonnée et souvent collective.

§ Instrument tranchant servant à couper, composé d’une lame et d’une manche.

ТЕСТ 9

402. Соотнесите нижеследующую дефиницию с соответствующим лексикографическим термином: L’ensemble de l’entrée et de l’information s’appelle :

а) номенклатура словаря;

б) словарная статья.

403. Словари серии Робер отличаются от других типов словарей на основе следующих признаков:

а) одноязычные, специальные;

б) одноязычные, толковые;

в) одноязычные, энциклопедические.

404. Словари синонимов характеризуются следующими признаками:

а) одноязычные, специальные;

б) одноязычные, общие.

405. Определите слово по следующей дефиниции: journal, revue, qui paraît chaque semaine, chaque mois, chaque trimestre, etc:

406. Соотнесите нижеследующую статью с одним из словарей:

Compétence: Dénier, discuter, décliner, reconnaître, dépasser la compétence de quelqu’un. Ressortir de la compétence de quelqu’un. Se fier à, s’en remettre à. – Quel. : haute, rare, discutable, indiscutable, universelle, incontestée.

в) dic. encyclopédique.

КЛЮЧИ К ТЕСТАМ

№1: 1 – б, 2 – в, 3 – а, 4 – б, 5 – в, 6 – б, 7 – б.

№2: 1 –б, 2 – а, 3 – б, 4 – в, 5 – б, 6 – в, 7 – а.

№3: 1 – а, 2 – б, 3 – б, 4 – в, 5 – б, 6 – в, 7 – а, 8 – в.

№4: 1 – б, 2 – в, 3 – а, 4 – б, 5 – в, 6 – б, 7 – в, 8 – а, 9 – в, 10 – а.

№5: 1 – а, 2 – в, 3 – б, 4 – в, 5 – в, 6 – а, 7 – в, 8 – б.

№6: 1 – а, 2 – б, 3 – б, 4 – а, 5 – а.

№7: 1 – б, 2 – а, 3 – в, 4 – а, 5 – в, 6 – а, 7 – а, 8 – а, 9 – в, 10 – в.

№8: 1 – б, 2 – б, 3 – а, 4 – б, 5 – а, 6 – в, 7 – б, 8 – а.

№9: 1 – б, 2 – б, 3 – а, 4 – б, 5 – б.

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ТРЕБОВАНИЯ К ЭКЗАМЕНУ

Экзамен по курсу лексикологии французского языка включает два теоретических вопроса, различающиеся по объему: первый вопрос носит проблемный характер, а второй – более практический. Студент должен показать глубокое понимание материала, уметь четко и аргументировано формулировать проблемы курса, владеть специальной терминологией, давать всестороннюю характеристику лексики (происхождение, способы словообразования, парадигматические ряды и т.д.).

К экзамену допускаются студенты, имеющие зачет по контрольной работе.

ЭКЗАМЕНАЦИОННЫЕ ВОПРОСЫ

407. Предмет и задачи лексикологии.

408. Место лексикологии в системе лингвистических дисциплин.

409. Лексика как система.

410. Учение о слове на современном этапе. Определение и характеристики слова.

411. Слово и понятие.

412. Проблема значения слова. Типы значений.

413. Структура лексического значения.

414. Слова мотивированные и немотивированные. Типы мотиваций.

415. Семантика, ее предмет и задачи.

416. Изменение и развитие значения. Причины семантического развития.

417. Полисемия и моносемия.

418. Метафора и метонимия.

419. Гипербола, литота, эвферизмы.

420. Способы словообразования (фонетический, морфологический, морфосинтаксический).

421. Проблема продуктивности суффиксации.

423. Проблемы словосложения.

424. Модели словосложения.

426. Аббревиация и ономатопея.

430. Предмет и задачи фразеологии. Признаки ФЕ.

431. Классификации ФЕ.

432. Роль заимствований в обогащении словаря.

433. Ассимиляция заимствований.

434. Современная французская лексикография.

КОНТРОЛЬНАЯ РАБОТА

ВАРИАНТ I

435. Назовите основные функции слова.

436. Опишите структуру лексического значения слов père и mère.

437. Перечислите характеристики полисемов.

438. Приведите аргументы в пользу продуктивности суффиксации в современном французском языке.

439. Назовите признаки фразеологической единицы.

440. Определите словообразовательный тип:

fatigue, n.f., prof, n.m., appel, n.m.. vol, n.m., bus, n.m., kilo, n.m., météo, n.f., vélo, n.m., réac, n.m., oubli, n.m.

441. Укажите происхождение следующих заимствований:

congrès, n.m., club, n.m., algèbre, n.f., spoutnik, n.m., chiffre, n.m., trinquer, v., zinc, n.m., potasse, n.f., alcool, n.m., sport, n.m.

442. Сгруппируйте сложные слова по моделям образования, укажите тип отношений между компонентами: ouvre-boîte, bas-relief, coupe-papier, avant-scène, franco-russe, mange-disque, rouge-gorge, café-concert, presqu’île.

443. Назовите глаголы, образованные от прилагательных: noir, rouge, jaune, vert, dur, égal, mobile, moderne, utile, pur, glorieux, juste.

444. Укажите прямое значение и метафорическое:

la clarté de la langue

la racine de l’arbre

§ couper la conversation

445. Дайте определение понятию “лексикализация”. Приведите примеры.

ВАРИАНТ II

446. Дайте определение денотативного и коннотативного значений.

447. Назовите причины изменения значения слова.

448. Назовите основные типы семантических трансформаций.

449. Что такое лексикализация? грамматикализация?

450. Назовите этапы ассимиляции заимствований.

451. Определите тип семантических трансформаций:

l’aiguille de la cathédrale, une pensée amère, boire du beaujolais, la Maison Blanche, le coeur de l’été, toute la ville en parle, un accueil froid, la fleur de l’âge.

452. Определите тип конверсии:

calculer juste, air canaille, robe lilas, sentir bon, musique nègre, tenir ferme, gouvernement fantôme, frapper fort, parler français, marcher droit.

453. Укажите происхождение заимствований и степень их ассимиляции: film, piano, symptôme, guitare, rosse, pantalon, rugby, tango, robe, vedette, romance, façade, école.

454. Объясните значение суффиксов в следующих глаголах: mordiller, clignoter, chantonner, ânonner, écrivasser, tapoter, vivoter, rêvasser, pleurnicher, réveillonner.

455. Определите первый компонент сравнений:

… comme une pie, … comme un jour sans pain, … comme un poisson, … comme un Paon, … comme un sourd, … comme i, … comme un rat d’église, … comme un âne, … comme un jour de pluie, … comme une image.

pauvre, têtu, sage, long, crier, droit, triste, nager, bavard, fier.

456. Чем отличается композит от свободного словосочетания? от аналитического слова?

ВАРИАНТ III

457. Назовите типы лексических значений.

458. Что такое асимметрия лингвистического знака?

459. Перечислите характеристики моносемов.

460. Назовите критерии выделения сложных слов.

461. В чем основное отличие аналитических и фразеологических единиц.

462. Определите тип конверсии:

robe citron, crier fort, costume sport, problème clé, chanter faux, voir juste, voter socialiste, sac crocodile, air diable, aspect guerre.

463. Образуйте глаголы от прилагательных:

blanc, égal, mobile, moderne, net, fort, rouge, obscur, simple, aigu.

464. Определите тип аббревиатур:

OVNI, n.m., pitaine, n.m., ciné, n.m., ricaine, n.m., bac, n.m., USA, n.f., amphi, n.m., labo, n.m., bus, n.m., CEI, n.f.

465. Укажите происхождение слов и степень их ассимиляции:

ambassade, n.f., tomate, n.f., baroque, adj., caporal, n.m., cigare, n.m., brigade, n.f.

466. Определите тип мотивации значения:

journaliste, jacasser, jaunir, brouhaha, lisible, alunir, ronronner, mange-disque, fortifier, mouche (espion).

467. Объясните в терминах лексикологии трудности перевода следующей фразы: Кроме мужчин, есть на свете женщины, которые тоже люди. (Н.Г. Чернышевский)

Методические рекомендации по выполнению контрольных работ

Для успешного выполнения контрольной работы необходимо:

468. Основательно проработать теоретический материал, соответствующий теме задания. Например, при описании асимметрии лингвистического знака целесообразно глубоко изучить общую теорию слова, а также вопросы соотношений означающего и означаемого как основного условия семантических трансформаций.

469. Проанализировать конкретные случаи реализации того или иного теоретического положения.

470. Проиллюстрировать все теоретические положения примерами практической лексикологии.

КРАТКАЯ ХРЕСТОМАТИЯ

ТЕМА 1

J. Dubois. Dictionnaire de linguistique. Librairie Larousse, 1973.

Lexicologie

On appelle lexicologie l’étude scientifique du vocabulaire.

La question de la légitimité d’une lexicologie a été posée par le structuralisme à son début.

ccccccccccccccccccc. Si les mots ne constituent pas un système, si le lexique ne peut pas être que la liste des irrégularités fondamentales, le linguiste, soucieux de mettre au jour l’aspect systématique de la langue (perspective saussurienne), se détournera de l’étude lexicologique. Cette réflexion explique en partie le retard pris par les études lexicologiques sur les autres branches de la linguistique. Cependant, les exemples lexicaux donnés par F. de Saussure indiquaient bien que celui-ci considérait le vocabulaire comme un niveau linguistique tout à fait systématique. En fait, beaucoup de linguistes modernes ne posent plus la question en ces termes. Au lieu de se demander s’il y a une structure du lexique, ils se demandent si l’on peut structurer le lexique.

ddddddddddddddddddd. La légitimité de la lexicologie est aussi mise en question par toute une école refusant le secours au sens (L. Bloomfeld). Pour cette école, la signification d’un énoncé ne pouvant être établie que par la psychologie (par l’étude des situations et des comportements – réponses) et par les sciences concrètes (une pomme est un fruit pour le botaniste, non pour le linguiste), le descripteur linguistique ne pourra étudier les valeurs et les oppositions sémantiques des unités lexicales.

eeeeeeeeeeeeeeeeeee. Pourtant, la lexicologie structuraliste est en germe dans l’enseignement de F. de Saussure. Bien que la première discipline née de cet enseignement ait été la phonologie, c’est en effet sur le mot que réfléchit de F. de Saussure. Parti de la critique de la notion naïve de la langue conçue comme une nomenclature (correspondance univoque entre le nom et la chose), il en vient à affirmer que le sens d’un mot est purement négatif, puisque le mot est envisagé dans un système de rapports et que la seule réalité signifiante provient des délimitations que lui impose l’existence de ce système.

Le mot est donc susceptible d’être étudié dans le cadre des rapports syntagmatiques et paradigmatiques. Tout mot d’une langue sera considéré comme participant à une structure qu’il conviendra d’étudier selon les deux axes. Sur l’axe des substitutions (axe paradigmatique : synonymie, antonymie), sur l’axe des combinaisons (axe syntagmatique), on étudiera les capacités du mot dans la chaîne parlée, avec les variations de signification qui en résultent (polysémie du mot, par exemple : un chef de rayon, un rayon de soleil, une roue à rayons).

F. Gaudin, L. Guespin. Initiation à la lexicologie française. Ed. Duculot, 2000.

La langue : un système

Pour Saussure, l’objet de la linguistique est la langue prise en elle-même. On le sait, la langue est un système. Cette notion, centrale, ne doit pas être considérée de façon figée : si la langue est un système, c’est un système en perpétuel mouvement et que l’on considère, pour les besoins de la description et de l’analyse, à un moment donné.

Ce système n’apparaît pas de prime abord, il est construit par l’analyse. Mais avant d’aller plus avant, il convient de préciser ce qu’il faut entendre par système à propos de la langue. Il s’agit de poser que les unités constitutives de langue (phonèmes, morphèmes, syntagmes) sont liées par des relations qui fondent la solidarité de ces unités. Aussi une unité ne change-t-elle jamais de façon isolée : c’est l’équilibre du système qui évolue. Au sein de ce système, les unités n’ont donc aucune valeur indépendamment des relations d’équivalence et d’opposition qu’elles entretiennent. Par exemple, le mot révolution s’opposait au XIXe à celui de réaction ; au siècle suivant, il s’opposera à réforme, ce dernier concurrent, moins marqué négativement, modifiera par retour la valeur du mot révolution. On voit que les notions de valeur du signe et de système de la langue sont inséparables.

Quant aux relations qui structurent la langue, Saussure les classe en deux catégories : les relations syntagmatiques (combinaison) et paradigmatiques (sélection des unités). D’un côté, les mots sont saisis dans les relations qu’ils entretiennent au sein des messages émis, des énoncées : c’est le domaine privilégié de la syntaxe ; de l’autre, ils sont saisis dans leur relation de commutation (les relations associatives). La difficulté réside dans le fait que les termes ne se présentent ni en nombre défini, ni dans un ordre déterminé.

Pour reprendre l’exemple de Saussure, à partir de enseignement, rien ne permet d’arrêter le réseau des relations associatives, formation, instruction, éducationetc. Toutefois, il est possible d’approcher les relations qui structurent le lexique et notamment celles qui sont mises en œuvre dans les définitions lexicographiques. On peut considérer comme fondamentale l’opération qui conduit Saussure à substituer à une notion de sens commun – le mot – cet objet d’étude scientifique qu’il définit comme signe, unité insécable d’un signifiant et d’un signifié insérée dans un système.

ТЕМА 2

Gaudin F., Guespin L. Initiation à la lexicologie. Ed. Duculot, 2000, p. 207.

Le problème du mot

Il nous faut maintenant … considérer le problème que pose l’objet d’étude de la lexicologie : le mot. En effet, si l’on définit cette dernière comme l’étude du lexique, en posant qu’il s’agit d’un système structuré composé d’unité linguistique, il faut se poser la question de l’unité de ce système.

Souvenons-nous que Saussure, s’il promeut la notion du signe, ne néglige pas celle de mot : “ il faudrait chercher sur quoi se fonde la division en mots, dit-il, car le mot, malgré la difficulté qu’on a à le définir, est une unité qui s’impose à l’esprit, quelque chose de central dans le mécanisme de la langue. ”

La question du mot est centrale dans la réflexion de nombreux linguistes… Nous aborderons juste les modèles proposés par deux linguistes qui ont marqué le développement de la linguistique structurale, André Martinet et Bernard Pottier.

Pour André Martinet, le mot c’est “ un syntagme autonome formé de monèmes non séparables ”, le monème étant l’unité significative minimale que l’on peut dégager dans la chaîne parlée. Il faut donc trouver des unités pertinentes pour le niveau de l’analyse linguistique.

Pour Martinet, l’unité minimale pourvue d’un sens, l’unité minimale de première articulation, est le monème. Les monèmes comprennent les lexèmes et les morphèmes. D’un côté les unités du lexique, de l’autre celles de la grammaire. Mais l’opposition lexique / grammaire n’offre pas de critères pertinents pour les délimiter. Le critère de Martinet est donc celui des classes ouvertes et fermées : vous ne pouvez inventer ni un pronom personnel, ni une déclinaison, ni un relatif. En revanche, si un journaliste écrit Paris a été chiracisé pendant 15 ans, inventant un verbe sur la base du nom Chirac, il recourt à une ressource du français.

Le critère proposé par Martinet n’est donc pas tout à fait satisfaisant.

Chez Pottier, il y a distinction entre les unités de langue et les unités de discours. Ces dernières sont appelées lexies, la lexie étant l’unité minimale significative dediscours. On est là dans le fonctionnement, et plus dans la recherche d’unités en langue. C’est pourquoi Pottier distingue trois sortes de lexies :

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– les lexies simples, qui retrouvent les contours du mot : fleur ;

– les lexies composées, qui retrouvent ceux du mot composé, plus ou moins lexicalisé : choufleur ;

– les lexies complexes, qui sont constituées par des séquences figées : pomme de terre, dès lors que, au fur et à mesure. Il est à noter que Pottier n’indique pas de limite aux lexies complexes, ce qui laisse pendante la question des phraséologismes, des locutions.

Nous avons vu que ces trois niveaux se rencontraient dans les nomenclatures des dictionnaires. Notons que chez Pottier, les unités inférieures au mot graphique sont simplement des morphèmes, au sens traditionnel.

Pour un bilan rapide, on remarquera que dans le cas des composés, des dérivés et des locutions, les découpages structuralistes retrouvent en partie les catégories traditionnelles, qui leur offrent la pertinence la moins discutable. Chaise longue, sac à main, chemin de fer sont des synthèmes pour Martinet, une lexie composée et deux lexies complexes pour Pottier, des mots composés pour la grammaire traditionnelle.

La partition entre lexies composées et complexes, qu’effectue Pottier, se retrouve chez Benveniste qui appelle conglomérés les syntagmes qui compte plus de deux unités (1974, ch. XII). Il faut signaler l’étude consacrée par ce grand linguiste aux synapsies, catégorie qui constitue un sous-ensemble de lexies composées. Cette catégorie regroupe les unités dont les éléments sont reliés par des prépositions (gardien d’asile, machine à laver) et forment une désignation constante et spécifique. Benveniste a montré l’intérêt de cette matrice lexicale pour les nomenclatures, dans la mesure où elle permet de créer des dénominations à partir de tours analytiques. Cette inflation terminologique est regrettable. L’usage, fluctuant, est d’utiliser lexie quand on veut insister sur l’unité significative en discours. Lexème désigne alors une unité lexicale virtuelle. Monème, répandu, sert uniquement des unités minimales, tandis que synthème désigne les signes composés de plusieurs monèmes mais se comportant sur l’axe syntagmatique comme des monèmes uniques.

ТЕМА 3

Guiraud P. La sémantique. P., 1987.

Motivation et démotivation

Tous les mots sont étymologiquement motivés, qu’ils soient des emprunts (motivés dans leur langue originale), des onomatopées, des dérivés ou composés, ou des changements de sens […].

Tous les mots sont donc étymologiquement motivés, mais – et c’est là le point capital – cette motivation n’est ni déterminée ni déterminante.

Elle n’est pas entièrement déterminée parce que la création reste toujours libre à l’intérieur de certaines limites : elle est contingente ; tout mode de motivation est toujours possible ; on nomme le coucou par onomatopée, le moineau par métaphore (petit moine), la huppe par synecdoque ; les épices sont vendues par l’épicier, mais le tabac par le marchand de tabac et les remèdes par le pharmacien.

La motivation d’autre part n’est pas déterminante, elle n’est pas nécessaire au sens qui est actualisé par une association conventionnelle. Il en résulte que l’on oublie ; on cesse de voir l’association étymologique entre le moineau et le moine entre une banque et un banc et qui associe un sandwich à Lord Sandwich ou des lunettes à la lune.

Cet effacement de la motivation est d’autant plus général qu’il est souvent nécessaire ; car les associations si elles s’imposaient pourraient entraîner une restriction du sens ; un coucou n’est pas seulement un oiseau au chant caractéristique ; un épicier ne vend pas seulement des épices : le mot doit évoquer l’ensemble de la chose nommée et non pas le seul caractère motivant qui n’est pas souvent l’essentiel (voyez la tortue par exemple, qui est un animal aux pieds tors).

Picoche J. Précis de lexicologie française. P., 1996.

La monosémie et la polysémie

Si nous décidons d’appeler sèmes nucléaires les éléments de signification qu’un mot apporte à tout contexte, quel qu’il soit, et sèmes contextuels, ceux qui, parmi toutes les possibilités d’un mot donné sont révélés par le contexte, nous pourrons dire que les mots monosémiques n’ont que des sèmes nucléaires et que les homonymes n’ont que des sèmes contextuels.

A mi-chemin entre ces deux cas extrêmes de rapport du signifiant et du signifié, se situe le phénomène de la polysémie, qui consiste en ce que les emplois d’un signifiant donné, tout en reposant sur un certain contenu sémique commun, se ramifient, par le jeu des contextes, en un certain nombre d’acceptions parfois si diverses que le rapport de base peut devenir pratiquement imperceptible à l’usager dans l’exercice normal de son langage, c’est-à-dire quand il ne porte pas une attention particulière aux mots qu’il emploie. Ainsi, l’adjectif cher exprime toujours la notion de “ valeur ”, mais, selon les cas, sous les deux angles fort différents du prix d’une marchandise ou du sentiment qu’on éprouve pour un être aimé. Dès lors, se trouvent posés au lexicologue quelques problèmes des plus épineux.

1) Tendance à la multiplication des homonymes. La grammaire distributionnelle considère que toute variation régulière dans la distribution définit une unité lexicale distincte de toutes les autres ou discrète. Conformément à ce principe, J. Dubois et l’équipe qui a travaillé à l’élaboration du Dictionnaire du français contemporain a proposé dans son ouvrage, résolument synchronique, les disjonctions de polysèmes en plusieurs unités lexicales plus audacieuses que celle de la plupart des dictionnaires. Il n’a toutefois pas totalement éliminé de son dictionnaire la polysémie, un grand nombre de ses articles comportant des subdivisions. Les critères sur lesquels il fonde ces disjonctions sont essentiellement :

Les distributions différentes correspondant à des valeurs sémantiques différentes d’un même signifiant : par exemple, cher “ aimé ” admet un complément introduit par à alors que cher “ coûteux ” ne l’admet pas.

Le contenu sémantique associé au signifiant considéré est tel que le mot qu’ils constituent peut entrer dans plusieurs paradigmes ; la recherche des synonymes et des antonymes est particulièrement significative : cher a pour synonymes aimé, chéri, bienaimé, ou bien coûteux, dispendieux ; il a pour antonymes odieux, détesté, ou bien bon marché […].

Les dérivés formés sur la base du signifiant considéré ne correspondent habituellement qu’à une des acceptions du mot : la cherté de la vie n’exprime que la notion du prix, nullement celle de l’amour.

Logiquement, le DFC nous offre deux entrées distinctes pour les deux homonymes cher, exactement comme il présente trois entrées pour les trois substantifs homonymes baie.

2) Tendance au regroupement polysémique.Elle est beaucoup moins courante aujourd’hui que la précédente. R. Martin étudie les divers types possibles de relations entre les diverses acceptions d’un polysème, en termes de restriction ou d’extension de sens, de métaphore, de métonymie, d’addition ou d’effacement de sèmes, et n’admet l’homonymie qu’en cas d’inexistence de tout sème commun. Cette manière de procéder n’exclut pas certaines vues historiques : sur le plan synchronique d’un locuteur naïf, ou ne voit pas bien ce qui permet d’affirmer que femme au sens d’“ épouser ” résulte d’une restriction du sens de femme“ personne du sexe féminin ” plutôt que le contraire ; qu’une minute “ court espace de temps ” est une extension de minute “ soixantième partie d’une heure ” et non l’inverse, que le blaireau est plus fondamentalement un animal qu’une brosse […].

Or, historiquement, l’ordre est inverse, il s’en faut de plusieurs siècles.

[…] Les mots ont une date de première apparition, ils connaissent des périodes d’emploi plus au moins généralisé ; leur sens évolue, se diversifie ou au contraire se simplifie, certains tombent en désuétude et finissent par disparaître, remplacés ou non par d’autres, avec ou sans remaniement de micro-systèmes lexicaux auxquels ils appartiennent.

ТЕМА 4

S. Ullmann. Précis de sémantique française. Berne, 1952.

Causes des changements sémantiques. La théorie de Meillet

Les causes linguistiques. Le sens d’un mot peut se modifier sous l’influence de son entourage… Un exemple bien connu est celui des auxiliaires de la négation en français. Pas, point, plus, jamais, personne, rien avaient tous un sens positif en latin […]. Leur valeur négative moderne s’explique par l’influence de la particule ne. A l’origine ils ne servaient qu’à renforcer la négation. La contagion les a ensuite transformés à tel point qu’ils peuvent se passer désormais du support de ne : “ Point de pain quelquefois, et jamais de repos ”. […]

Les causes historiques. Les changements lexicaux ne vont pas toujours de pair avec les changements techniques et culturels. Il arrive souvent que les choses, les idées, les institutions évoluent sans qu’il soit nécessaire de changer l’étiquette. Papier garde toujours le souvenir de papyrus, bien que les Arabes aient importé en Europe, dès le X e siècle l’usage de papier de chiffon. […] La langue joue ici un rôle plutôt conservateur : on retient le nom même quand le sens a été modifié par le développement de la civilisation, des moeurs ou de la science. Pour la physique contemporaine, atome a changé de signification depuis qu’on a reussi à décomposer cette unité. Sa valeur étymologique de “ corpuscule indivisible ” a été éclipsée. Néanmoins, on retient le mot atome pour désigner l’unité décomposée.

3. Les causes sociales. La formation de groupes sociaux à l’intérieur d’une communauté linguistique est une cause fréquente de changements sémantiques. On sait que chaque profession, chaque métier ont leur langue spéciale fondée sur des intérêts communs et des contacts plus ou moins intimes et durables. Or, tous ces languages spéciaux gardent tels quels le phonétisme et la grammaire de la langue commune, mais en modifient sensiblement le lexique. En même temps la langue commune s’enrichit elle aussi de mots techniques et spéciaux, tout en leur attribuant parfois les significations nouvelles.

Le mécanisme des changements sémantiques à origine sociale est très simple. Il s’agit de deux processus distincts : spécialisation d’une part (langue commune þlangue de groupe), généralisation de l’autre (langue de groupe þ langue commune).

La métaphore est en dernière analyse une comparaison en raccourci. Plutôt que de constater explicitement des analogies, on les comprime dans une image qui a l’air d’une identification.

On perçoit p.ex. une ressemblance entre les dents humaines et les saillies d’un peigne. Au lieu de préciser que ces saillies sont comme les dents, on les appellera simplement des dents du peigne. Par un acte d’assimilation aperceptive, on conjugue les deux notions en vertu de ce qu’elles ont en commun et l’on fait abstraction des différences.

Métaphores antropomorphiques.La transposition des noms d’organes humains est une des formes universelles de la métaphore. On attribue une tête à l’arbre, à l’épingle, au pont ; on parle même de la tête d’un cortège, d’une armée, d’un chapitre, des affaires ; de même un siège, une vergue, un fleuve, une mer ont tous des bras.

Le monde des animaux est un autre grand foyer de rayonnement métaphorique. Le coquelicot doit son nom à la ressemnlance de sa couleur à celle de la crête du coq. Beaucoup d’objets inanimés ont été également assimilés à des animaux : chien d’un fusil, serpentine, chevalet, oeil-de-boeuf, etc. Ces équivalences perceptuelles sont littéralement innombrables.

Du concret à l’abstrait. La primauté du concret dans l’évolution de l’esprit humain se manifeste en sémentique de deux façons par la provenance concrète de beaucoup de termes abstraits devenus opaques depuis longtemps et par la tendance universelle, et qui reste toujours en vinqueur, de faire passer les mots du plan matériel au plan moral. Au français comprendre, concevoir (

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